Une équipe
écossaise a réalisé l'impensable: cloner un mammifère adulte. Une
bombe dans le milieu scientifique.
Pour créer Dolly, les chercheurs ont commencé par prélever une cellule somatique - donc non reproductrice - sur le pis d'une brebis désignée dès lors comme la mère génétique. L'échantillon, contenant le patrimoine héréditaire de la future petite Dolly, fut alors plongé dans un milieu nutritif et encouragé à se diviser et proliférer en laboratoire pendant une semaine. Au terme de la culture, les scientifiques moissonnèrent quelques cellules et les injectèrent une à une dans des embryons que l'on avait préalablement énucléés pour qu'ils puissent accueillir le matériel génétique des clones à venir. Ne restait plus alors qu'à implanter ces oeufs dans l'utérus d'une brebis porteuse.
L'expérience de l'embryologiste Ian Wilmut paraît trés simple. Pourtant, avant elle on ne voyait pas alors comment une simple cellule somatique, tirée d'un muscle ou de toute autre partie du corps, pouvait, même introduite dans un embryon, se comporter soudainement comme une cellule reproductrice (ovule ou spermatozoïde) et aboutir au développement d'un individu viable. Des tentatives menées sur des grenouilles avaient échoué, aucun clone ne survivant au-delà du stade de têtard.
Tout le génie du Dr Wilmut et de son équipe repose sur une quête d'harmonie, afin de synchroniser le coeur de la cellule prélevée et celui de l'embryon. «Apparemment, ils ont réussi à «endormir» les cellules somatiques au point qu'elles en oublient leur spécialité et le rythme propre qui les agite, commente Denis Duboule, professeur au laboratoire d'embryologie moléculaire et morphogénèse de l'Université de Genève. C'est comme si une cellule du foie oubliait de fabriquer de l'albumine et que son ADN revienne à un stade du cycle cellulaire, avant la différentiation finale, où il accepte de se plier aux règles de l'embryogenèse. »
Le sentiment est partagé. Même si plusieurs soeurs de Dolly sont mortes après leur naissance, la technique de Roslin met déjà le feu au monde scientifique. Les perspectives de recherches et d'application - des études sur la prolifération des cellules cancéreuses à la création d'un bétail très performant, capable, grâce à son homogénéité parfaite, de produire du lait contenant des protéines utiles à l'industrie pharmaceutique - sont, il est vrai, vertigineuses.
Au revers de la médaille, on trouve des craintes comme celle de voir se réduire dangereusement la diversité génétique des troupeaux, donc celle de leur système immunitaire, et d'accroître ainsi leur sensibilité aux épidémies.
À QUAND LES HUMAINS? Malgré les différences entre moutons et humains, la possibilité ne fait guère de doute. Pour quelle utilité? Certains parlent de multiplier par clonage les embryons qui peuvent être implantés artificiellement chez les patientes qui produisent trop peu d'oeufs viables. A l'extrême, le quotidien «The Times» relate même l'histoire d'une femme qui vient de demander s'il était possible de cloner son père récemment décédé et de le... porter elle-même, jusqu'au terme de la grossesse.
on remerci Hebdo.fr
merci à Hebdo.fr